"Sur 100% des choses dont on parle dans un board, si on en exécute 80%, on est bien. En général, on est plutôt à 30%."

Cette phrase est de Patricia Santoni, exec de la tech et board member, invitée de The Roum.

Relisez-la. 70% des décisions prises dans les conseils d'administration ne sont jamais exécutées.

On a passé un épisode à tester comment l'IA peut refermer cet écart. Voici ce qui en est sorti.

Le vrai travail d'un board member

Un board, ce n'est pas une réunion par trimestre. C'est un cycle complet :

Préparer : analyser les documents, faire l'update concurrentielle, formuler un regard frais

Décider : analyser, designer des solutions, trancher

Faire exécuter : transmettre aux directeurs internes des recommandations et des modes opératoires

Suivre : vérifier que les décisions deviennent des actions avant le board suivant

Patricia le dit sans détour : "Dans toute cette chaîne, il est très facile de se laisser déborder par le jour le jour."

Et il y a un défi nouveau. La question numéro un que les dirigeants posent désormais à leur board : "Que va faire l'IA dans mon département pour faciliter l'adoption entre nos équipes ?"

Un board member doit donc maîtriser l'IA. Autant commencer par l'utiliser lui-même.

Démo 1 : le dashboard de board

Le problème : entre deux boards, il se passe trois mois. Marché, concurrents, contexte : tout bouge. La préparation devient une chasse à l'information chronophage.

La démo testée : un dashboard qui centralise les notes des boards précédents, fait l'update concurrentielle en continu et matérialise chaque sujet avec des données.

La réaction de Patricia : "Plus l'information est simple, plus l'idée est matérialisée, plus on a de données pour supporter ce qu'on propose, plus on a de chances de passer à l'exécution."

Négocié à 3 jetons. Achetée.

Démo 2 : Nothing Sleeps After The Meeting

Le nom dit tout. Le problème : la richesse des discussions de board s'évapore dès que la réunion se termine.

La démo : un agent qui extrait de chaque meeting la liste des décisions importantes, les prochaines actions, et surtout les signaux des sujets non résolus.

La fonctionnalité qui a marqué Patricia : l'agent challenge. Il repère ce qui manque. "Avez-vous pensé à ça ?"

Elle l'a baptisée la fonction Jiminy Cricket : "Ça ne veut pas dire qu'on accepte tout ce qui est suggéré par l'IA. Mais ça veut dire qu'on a l'esprit ouvert à 360 degrés sur des choses auxquelles on n'a peut-être pas pensé."

Ce que ça change pour la gouvernance

La conclusion de l'épisode dépasse les outils.

Le passage de la décision à l'exécution est le maillon faible de toute gouvernance. Les board members externes décident, les directeurs internes exécutent, et entre les deux, l'information se perd.

L'IA joue un rôle de PMO invisible : quantifier les décisions, poser des alarmes, suivre l'exécution dans un outil commun aux deux populations. Tout le monde dans le même bateau.

Et Patricia pointe le vrai obstacle, qui n'est pas technologique : "La gestion du changement, c'est la chose la plus compliquée à laquelle on fasse face. Il y a toujours un mouvement de : ça marche très bien comme on fait maintenant."

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