"J'écris les trucs qu'aucune entreprise et aucun gouvernement n'aimerait jamais vivre."
Sandra Aubert est scénariste de l'extrême. Elle écrit des séries immersives sur les risques majeurs : cybersécurité, espionnage industriel, conformité. Ses clients binge-watchent leur formation comme un James Bond.
Hyppolite Petit est photographe de mode à New York. Passé par Walt Disney à Londres, il shoote pendant les fashion weeks depuis dix ans.
Deux métiers ultra créatifs. Deux épisodes de The Roum. Une même question : qu'est-ce que l'IA change vraiment quand le cœur du métier est la créativité ?
La réponse tient en une phrase : l'IA ne touche pas au geste créatif. Elle dévore tout ce qu'il y a autour.
Ce que l'IA ne remplace pas (et ne remplacera pas)
Commençons par ce qui a résisté aux démos.
Sandra connaît ses personnages à un niveau que l'IA ne peut pas simuler : "Je sais à quelle heure mes personnages se lèvent, ce qu'ils mangent le soir."
Cette profondeur ne sort pas d'un prompt. Elle vient d'années d'immersion dans les scénarios de crise, de tournages dans des lieux réels (jusqu'à une morgue), de recherches qui la mènent à écrire sur le financement du terrorisme.
Pour Hyppolite, pareil. Sa carrière s'est construite sur de l'audace humaine : écrire à une influenceuse avant la fashion week, shooter dans Central Park avec un flash en surchauffe, croiser David LaChapelle le soir même. Aucune IA ne remplace le culot de toquer aux portes.
Le principe qui traverse les deux épisodes : le cœur créatif est intouchable. C'est même lui qui prend de la valeur.
Ce que l'IA dévore : tout le reste
Maintenant, regardons ce qu'il y a autour du geste créatif.
Pour une scénariste :
La recherche documentaire (des heures sur chaque sujet de risque)
Le choix des lieux de tournage
La post-production
La rédaction des contrats
La gestion de sa boîte (Sandra est aussi fondatrice)
Pour un photographe :
La prospection (Hyppolite écrivait à chaque maison, chaque styliste, chaque RP avec des templates Gmail, avec relance à J+3)
Le tri et la retouche de milliers de photos
Les moodboards de préparation
La facturation et l'administratif
Faites le calcul. Dans une semaine de créatif, combien d'heures sont réellement créatives ? Souvent moins de la moitié.
C'est exactement là que les démos des épisodes ont frappé. Pas sur l'écriture. Pas sur la photo. Sur les 60% de tâches qui empêchent d'écrire et de photographier.
La leçon contre-intuitive des deux épisodes
Voilà le paradoxe que révèlent ces deux épisodes.
Les créatifs sont les mieux placés pour profiter de l'IA. Pas parce qu'elle crée à leur place. Parce qu'ils sont le métier avec le plus gros écart entre le temps qu'ils veulent passer à créer et le temps qu'ils y passent vraiment.
Un commercial automatise pour vendre plus. Un créatif automatise pour retrouver son métier.
Et il y a un deuxième niveau, incarné par Sandra elle-même : l'IA comme nouveau terrain créatif. Sa boîte propose des plateformes de streaming de formation "aussi addictives que Netflix". Le format même de son produit est né de la technologie. Les créatifs qui gagnent ne sont pas ceux qui résistent aux outils, mais ceux qui inventent avec.
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The Roum est le talk show où l'IA rencontre votre métier. Un nouvel épisode chaque semaine.


